JEAN-PAUL GAUTHIER

Le Fashion Freak Show aux Folies Bergère, l’histoire d’une vie ...

À soixante ans, « l’enfant terrible de la mode » réalise son rêve de gosse et investit le théâtre mythique pour une revue gay-friendly dans la lignée des Muglers Folies. Un complément en live, et en musique, à l’expo du Grand Palais en 2015. 

Dans l’imaginaire de Jean-Paul Gaultier, on trouve des ours en peluche qui portent des corsets, des marins que l’on croirait sortis d’un tableau de Pierre et Gilles, des hommes en jupe, des physiques « hors normes », du fetish réinventé, des punks underground et beaucoup beaucoup d’icônes gays.

De cette mythologie protéiforme et résolument queer, JPG en a tiré un show tout aussi inclassable qui, en l’espace de plusieurs tableaux, balaie les grands moments de sa vie, une bio placée sous le signe de la haute couture mais aussi de l’ouverture d’esprit. Car bien avant Lady Gaga et ses petits « monsters », le freak était déjà chic avec Jean-Paul ! 

POCHETTE SURPRISE 

Sur scène, la quinzaine de danseurs évoluent au rythme syncopé des chorégraphies de Marion Motin [Chris(tine) and the queens, Stromae] tandis que la voix de Demi Mondaine, découverte dans « The Voice », nous électrise sur des reprises pop-rock, entre deux compos de Nile Rodgers.

 

Au gré des scènes, tous donnent à voir les plus belles réussites « couture » de Jean-Paul Gaultier agrémentées de quelques inédits. Parfois des invités surprises s’invitent sur les grands écrans vidéo qui habillent le plateau: Catherine et Liliane, Cristina Cordula, Rossy de Palma… sans oublier Catherine Deneuve, en commentatrice d’un défilé décalé où les hommes sont particulièrement mis en valeur.

À la mise en scène, on retrouve Tonie Marshall qui n’est autre que la fille de Micheline Presle que Gaultier a découvert, enfant, dans Falbalas. Il doit, à ce film, sa vocation de couturier. Somme toute, la boucle est bouclée. 

SA RAISON D’ÊTRE 

Tout le monde il est beau, chantait Zazie dans un morceau, repris pour l’occasion dans le grand final qui vient faire la nique aux stéréotypes fascistes et intolérants de tous poils. Pourtant, malgré ce message libertaire et la générosité indéniable du projet, ce show, un peu trop timide, nous laisse un sentiment d’inachevé et de frustration.

Comme s’il ne rendait pas complètement justice au talent et à la créativité de JPG, capable de beaucoup plus de flamboyance quand il habillait la revue berlinoise One Grand Show. Dans cette boîte de Pandore inégalée, on gardera surtout ces moments habités par des souvenirs plus personnels, ceux de la scène gay des années 1980 où plane l’ombre de Francis Menuge, grand amour décédé trop vite du Sida, dont l’hommage est tout simplement bouleversant. 

PLUS D’INFOS : 

Jusqu’au 30 décembre 2018. jpgfashionfreakshow.com. 

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