THOMAS ANDREW & SEBASTIAN BERNADOTTE

"Ce sont les femmes hétéros qui lisent le plus nos histoires gays"

En couple et mariés depuis plus de dix ans, ces deux trentenaires ont la particularité d’être également tous deux écrivains de romances et d’intrigues fantastiques LGBT+. Depuis la sortie de leurs premiers ouvrages respectifs, leur succès ne se dément pas pour le plus grand plaisir de leurs fans… Rencontre avec un couple à la plume prolixe et fleur bleue.

Propos recueillis par Grégory Ardois-Remaud

THOMAS, TU VIENS DE REMPORTER LE PRIX DE LA ROMANCE GAY POUR TON ROMAN CŒUR DE CIBLE. TA RÉACTION ?

Thomas: Je suis le premier surpris! Je ne pensais pas que ma petite romance contemporaine allait plaire à autant de personnes, ni que des lecteurs, des professionnels de l’édition et des auteurs allaient plébisciter mon roman. Il est né d’une envie de faire comme à la télé : une comédie romantique que l’on peut voir les après-midi sur TF1 ou M6.

« Mes livres sont une sorte d’antidépresseur »

En gros, on n’en ressort pas plus intelligent après avoir refermé le bouquin bien qu’il contienne des messages importants comme l’acceptation de soi. Il est là pour nous faire du bien, une sorte d’antidépresseur luttant contre la morosité ambiante. J’espère que ce n’est que le premier d’une longue liste.

VOUS ÊTES TOUS DEUX ÉCRIVAINS, MAIS QU’EST-CE QUI DIFFÉRENCIE VOS STYLES D’ÉCRITURE ?

T: Sebastian a une écriture plus douce, plus raffinée, plus consciente, où les sentiments sont joliment décrits. Il a une plume très fluide,un humour très « british », un brin réservé et il a une force émotionnelle incroyable.

Sebastian : Thomas écrit comme il est, c’est-à-dire avec beaucoup d’humour.

VOUS ARRIVE-T-IL DE VOUS AIDER MUTUELLEMENT QUAND SURGIT LE FAMEUX SYNDROME DE LA PAGE BLANCHE ?

T: Sebastian est là, à sa manière. Si je suis bloqué, je ne vais pas lui demander explicitement. Mais, quand on discute, parfois, il va faire ou dire quelque chose qui va me débloquer, sans qu’il le sache. Il est une source d’inspiration, c’est indéniable.

« Je ne pensais pas que ma petite romance contemporaine allait plaire à autant de personnes »

S : Pour ma part, non. Je suis très individuel lorsque j’écris. J’ai besoin de me renfermer dans ma bulle. Dans les périodes d’écriture, j’ai besoin d’être seul avec moi-même pour éviter de me disperser.

VOUS AVEZ UN LARGE PUBLIC HÉTÉRO ET FÉMININ QUI LIT VOS HISTOIRES GAYS. QU’EST-CE QUI LES ATTIRE VERS VOS OUVRAGES SELON VOUS?

T : C’est quelque chose que je ne m’explique pas. Naïvement, quand j’ai sorti mon premier roman gay [Apollon Mortel chez Juno Publishing], je m’attendais à avoir beaucoup de lecteurs gays. En fait, pas du tout. Ils doivent ne représenter que 10 % de mon lectorat.

« Un projet de roman à deux ? Nous avons déjà écrit le premier tome d’une nouvelle saga »

Ce sont des femmes hétéros, de tous âges et de tous milieux socioprofessionnels, qui se sont précipitées dessus. Je pense que ce lectorat-ci recherche une sensibilité qu’il ne retrouve pas (plus?) dans la romance contemporaine hétéro où les histoires se ressemblent toutes. Après, c’est peut-être aussi le fantasme de lire des histoires entre deux mecs. Il y a bien des hommes qui fantasment sur deux femmes, alors pourquoi pas l’inverse [rires]?

 

SI VOUS DEVIEZ CONSEILLER UN LIVRE DE VOTRE MARI, LEQUEL CHOISIRIEZ-VOUS ?

T: Je dirais Bâton de Seydr [chez Juno Publishing]. C’est un roman qui mélange la romance et le fantastique. L’action se déroule en Suède, pays où l’on va très régulièrement. C’est rythmé, sympathique, drôle, truffé de sentiments et joliment bien écrit. Chacun peut se retrouver dans l’un des deux protagonistes. C’est un très beau roman qui peut devenir un livre « doudou » que l’on relit avec plaisir.

S : Cœur de Cible définit bien l’écriture de Thomas. Je suis d’ailleurs très fier de lui car ce roman a remporté le Prix de la romance gay 2018. L’écriture est fluide et il y a beaucoup d’humour. C’est une véritable comédie romantique, comme il n’en existe qu’encore très peu.

À QUAND UN LIVRE ÉCRIT À QUATRE MAINS ?

T : Il est déjà écrit et en attente d’être accepté chez un éditeur. C’est le premier tome d’une nouvelle saga fantastico-romantique historiquegay et hétéro (cela fait beaucoup mais c’est tellement fun de mettre tout ça dans un roman) qui s’intitule Les Mystères fantastiques de Paris.

Il raconte l’histoire de Louise de Stalles, un succube [femme démon] qui aime les hommes, les femmes, les fringues, son boulot et Paul Deschanelles, un nécromancien gay, un peu coincé, qui s’évanouit à la vue d’un cadavre.

Ils travaillent tous les deux à l’ISF (Investigations surnaturelles françaises) et résolvent des crimes d’aspect surnaturel. Ils sont une sorte de tandem John Steed et Emma Peel, version XIXe siècle.

S : C’était amusant d’écrire à deux. Nous sommes assez complémentaires, c’était donc un réel plaisir. J’espère maintenant qu’un éditeur aimera l’histoire. Nous pourrons ainsi nous lancer dans la suite des aventures de Louise et Paul.

PLUS D’INFOS :

Retrouvez-les sur Facebook @thomas.andrew.auteur et @sebastianbernadotte

CŒUR DE CIBLE, LE PITCH?
« L’enfer, c’est les autres ». Julien est hétéro, maniaque, perfectionniste, ponctuel et rigide. Damien est gay, bordélique, distrait, retardataire et dilettante. Le premier est directeur marketing dans une agence de pub, le second est au chômage. Tout les oppose, sauf un point commun : une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Dès leur rencontre, tout part en vrille. Entre quiproquos, maladresses, situationsabracadabrantes et trois chèvres albinos disparues dans les Alpes, leur vie va prendre une tournure vraiment inattendue.

BÂTON DE SEYDR, LE PITCH?
Je suis un Völvo ! Voilà la bombe qu’a lâchée mon père, juste avant de mourir. Non, je ne suis pas une voiture suédoise, mais un sorcier,qui vit seul dans la maison familiale sur l’île de Sandhamn. Après qu’une de mes semblables a essayé de me tuer, Thomas, un séduisantet mystérieux jeune homme, accepte de m’aider dans ma quête.

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