Nicolas, un Ours de Paris

Impliqué dans l’association Les Ourse de Paris depuis 11 ans, il en est le Président depuis 2 ans. Il s’identifie en tant que Bear. Artiste, il peint dans un...

Impliqué dans l’association Les Ourse de Paris depuis 11 ans, il en est le Président depuis 2 ans. Il s’identifie en tant que Bear. Artiste, il peint dans un atelier, affiche dans des galeries et loue des tableaux pour des films au cinéma. Vous pouvez aussi le voir à l’entrée de boîtes de nuit où il travaille. Il avoue faire exprès de porter beaucoup de bijoux pour montrer qu’il est gay, car on lui a souvent fermé des accès à des endroits LGBT à cause de son apparence qui ne « faisait pas assez gay. » 

Un article de Damien Guignard

« Les magazines et images qui circulent ne nous permettent pas de nous identifier. » 

As-tu l’impression d’être en dehors des codes de la communauté gay ?  

Aujourd’hui, je me sens intégré dans cette communauté, non seulement car je suis impliqué dedans, mais aussi car j’ai intégré le centre LGBT de Paris, puis je suis allé d’associations en associations. Aujourd’hui, je suis à l’aise dans cette communauté, même si on m’a fait sentir à un moment donné que j’étais un peu différent. Je n’ai pas eu de rejet, mais parfois je trouve que les magazines et images qui circulent ne nous permettent pas de nous identifier.  

Quelle est l’ambiance qui règne dans un endroit Bear ?  

C’est assez convivial, c’est sympathique, beaucoup de gens se parlent même lorsqu’ils ne se connaissent pas. Il y a toujours à manger, des sandwichs, des bonbons, je crois que c’est une chose qui peut vraiment caractériser ces lieux.  

Peut-on dire que les Bears sont une communauté unie ?  

Les Bears ne sont pas des Bisounours, il y a des gens avec qui on s’entend et d’autres avec qui on ne s’entend pas. Mais on sait qu’on est à l’abri du jugement. C’est une safeplace. Mais dire qu’on s’aime tous, ce n’est humainement pas possible.  

Comment es-tu rentré dans cette communauté ? 

Plus jeune, j’avais rencontré un garçon qui m’a dit que j’étais Bear. Je ne savais pas ce que c’était ! Par besoin de plaire et d’identification, j’ai commencé à côtoyer le Bear’s Den, Christian, le patron, est devenu un très bon ami. Petit à petit je me suis fait des copains et je me suis engagé dans cette communauté en travaillant de beaucoup d’associations, dont Act’Up.  

« Comme toute personne qui a été exclue, le Bear peut être un peu excluant. » 

Quelle est la principale qualité qu’on retrouve chez un Bear ?  

La bonhomie. Un côté gentil, accueillant, avenant, populaire dans le bon sens du terme, quelqu’un de simple.  

Le principal défaut ?  

Comme toute personne qui a été exclue, le Bear peut être un peu excluant, vouloir rester un peu entre Bears. Il a aussi un côté un peu grognon.  

Es-tu attiré uniquement par les Bears ?  

J’aime les barbes et surtout les moustaches, donc quelqu’un qui a une moustache peut beaucoup me plaire même s’il n’est pas Bear ! J’aime bien les Bears même si je ne suis pas exclusivement attiré par eux.  

Où est-ce que tu sors ?  

Aux élections de Monsieur Ours à Paris, Grenoble, Lyon, Montpellier, Lille et Toulouse. Je vais à Cologne pour la Bear Pride,  souvent en Belgique où il y a pas mal d’évènements Bears. Mon événement préféré est le Stiges, à 45 min de Barcelone, où la station de plage se transforme en Bears pendant 10 jours. À Paris à la Vilette, il y a le Bearbecue et la Menergy est une soirée relativement Bear friendly ! 

Est-ce que ce n’est pas un milieu trop fermé ?  

Non, j’en suis le meilleur exemple, car je bosse dans d’autres lieux qui ne sont pas Bears, mais il est important de posséder des lieux à soi. C’est une sorte de refuge. 

Quelles sont les personnalités du milieu ?  

Christian, pour moi est « la reine Bear » puisqu’il a créé ce lieu emblématique qu’est le Bear’s Den. Luke Darko est, pour moi, un Bear connu, c’est un photographe qui a photographié les Ours. Et tous les Mister Ours de chaque ville et tous les militants des associations.

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