ARDHIS, association de défense des personnes étrangères LGBTI

Ardhis est créée en 1998 à Paris, en réaction à la menace d’expulsion de K., en couple avec un Français, Lionel. Pendant plus de 20 ans, l’association s’implique dans...

Ardhis est créée en 1998 à Paris, en réaction à la menace d’expulsion de K., en couple avec un Français, Lionel. Pendant plus de 20 ans, l’association s’implique dans la lutte contre les discriminations anti-LGBTI sous toutes ses formes : sociales, ethniques, politiques, culturelles, éducatives, etc. Aujourd’hui, elle continue de légitimer ses actions. Aude Le Moullec Rieu, présidente de l’Ardhis, fait le point.

Comment votre association intervient-elle ?

Nous recevons des personnes LGBTI+ en demande d’asile ou en couple et nous les informons sur leurs droits, et leur fournissons un accompagnement individualisé qui couvre tous les aspects de la procédure et de leurs droits sociaux. L’association organise aussi des activités, comme une équipe de foot, des cours de français et de théâtre et des événements festifs et conviviaux.

L’association mène également des actions de plaidoyer vers les pouvoirs publics pour une meilleure prise en compte des spécificités des personnes LGBTI+. Sur la scène grand public, nous organisons depuis deux ans un événement annuel, Fiertés en exil, qui vise à faire connaître nos actions et les personnes que nous aidons, mais aussi à récolter des fonds pour pérenniser notre engagement.

Les actions d’aide aux demandeurs d’asile font-elles écho aux sujets actuels : thérapies de conversion, LGBTphobies, adoption, etc. ?

Effectivement. La lutte contre les LGBTIphobies est au coeur de l’action de l’Ardhis. Nous nous y impliquons à tous les niveaux afin que ces personnes ne soient pas victimes de discrimnations et pour faire connaître des reculs de droits des personnes LGBTI+ comme au Brésil ou en Russie.

L’Ardhis a surtout participé aux combats pour les unions légales des personnes homosexuelles, du PACS jusqu’à l’ouverture du mariage à tou.te.s, quel que soit leur nationalité.

Encore aujourd’hui, les migrants LGBTQI+ doivent encore justifier leur orientation sexuelle auprès de l’OFPRA pour obtenir l’asile. Tentez-vous d’opérer des changements pour que cela cesse et que des situations comme celles de Sanoussy N’Diaye n’aient plus lieu ?

Selon la convention de Genève, la question de l’établissement de l’orientation sexuelle ou de l’expression de genre est inévitable, pour obtenir l’asile en France et être protégé. Cette question est aussi malheureusement la cause de nombreux rejets des demandes d’asile de personnes LGBTI+.

Ardhis aide les personnes qui souhaitent demander l’asile à comprendre ce que les institutions attendent d’elles. Nous amenons aussi les institutions de l’asile comme l’OFPRA et la CNDA à réfléchir sur la façon d’établir ces faits, en évitant les clichés et les préjugés, comme ce fut le cas pour Sanoussy N’Diaye.

Le gouvernement a-t-il donc encore des progrès à faire en matière de prise en charge des réfugiés LGBTQI+ ?

En tous points. La crispation politique autour des questions d’immigration rend le débat irrationnel. L’accès aux soins, qui a été interdit pour les demandeur.se.s d’asile avant trois mois de présence en France, en est un parfait exemple. Cette mesure est dramatique car nous savons que plus de la moitié des contaminations au VIH/SIDA ont lieu lorsque ces personnes sont déjà en France.

A mesure que les personnes LGBTI sont pris en compte dans les procédures d’asile et d’accès à des titres de séjour grâce au travail des associations comme la nôtre, les droits des personnes étrangères reculent. C’est la contradiction majeure dans laquelle est prise notre action.

En conséquence, auriez-vous un message à adresser à la communauté LGBTQI+ ?

Ces personnes, qui fuient leur pays, ont vu l’amour de leur vie mourir sous leurs yeux, ont bravé la mort en méditerranée pour trouver refuge en France.

Au lieu de ça, les demandeurs d’asile se retrouvent à la rue, sans ressource, sans possibilité de travailler, de se loger, de se nourrir. Pire encore, elles sont obligées de dévoiler leur intimité devant l’administration pour espérer obtenir une protection.

Plus d’infos :

Découvrez l’actualité de l’association ARDHIS sur son site web et les réseaux sociaux Facebook, Twitter et Instagram.

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