Le film de la semaine : Sócrates, garçon des rues

Sócrates, garçon des rues suit l’itinérance d’un jeune gay, Sócrates, dans un quartier défavorisé à Sao Paulo. Signe, le film nous plonge dans une peinture fidèle sur la pauvreté...

Sócrates, garçon des rues suit l’itinérance d’un jeune gay, Sócrates, dans un quartier défavorisé à Sao Paulo. Signe, le film nous plonge dans une peinture fidèle sur la pauvreté et l’homophobie persistante dans ce pays sud-américain.

Un funeste destin. Dès le début du récit, Sócrates est au chevet de sa mère et crie de toute son âme pour la ramener à la vie. « Maman ! Parle-moi ! Réveille-toi ! », répète-t-il à de nombreuses reprises. Contrecoup de ce tragique événement, la situation est vite contrebalancée par une toute autre réalité, la situation sociale du héros. Face au discours de l’assistante sociale, qui tente d’obtenir des renseignements, il a le regard vide, la tête baissée et plongée dans ses pensées. Ce n’est que le retour crucial à la réalité qui vient mettre le feu aux poudres : « Si je ne trouve pas ton tuteur, tu seras placé en foyer ». C’est le coup de trop. Le jeune sort et claque la porte. C’est le début d’un long voyage vers une plongée inconnue dans les bas quartiers de Sao Paulo …

Dès son ouverture, le long-métrage s’impose par la force de son récit et surtout du message engagé : « Film produit par une équipe de jeunes [âgés] de 16 à 20 ans. Un projet financé par UNICEF pour favoriser l’inclusion sociale des ados défavorisés de la banlieue de Baixada Santista grâce au cinéma ». Dans un portrait humain, le réalisateur confronte le spectateur à la situation difficile d’un jeune orphelin, solitaire et gay. Un destin auquel le héros tente d’échapper, dans l’alcool, la musique et le travail … jusqu’à ce qu’il retrouve une lumière, bien que temporairement.

L’amour, un (bref) échappatoire à la misère

Dans la quête d’une vie meilleure, un homme, Maicon, vient apporter au héros ce qu’il a toujours recherché, une romance. On retrouve alors un sujet qui nous parle tous et que le réalisateur aborde dans sa plus profonde expression. Une consécration amoureuse qui, comme tout bon film qui se respecte, se termine par une rupture tragique, conséquence d’un système hétéronormatif et homophobe qui rend impossible la romance gay.

Trouver la mort, quitter le vivant

© Edition Salzgeber

Le réalisateur confronte le spectateur au déni du héros face à la mort de sa mère. Chaque scène, divinement filmée, fait se retrouver le héros avec elle : son peigne à cheveux, son habitat, ses collègues, etc… Pendant ce temps, les éléments s’emboîtent de telle sorte à ce que l’orphelinat justifie les choix du jeune homme pour échapper à son père.

A ce point de non-retour, le jeune héros retombe au plus bas dans la déchéance, sans que ce soit assez. Quand il tente de se prostituer, un parfait clin d’oeil aux personnages de Zola se pose aux yeux du spectateur … dans une touche très gay. Et, conclusion haletante et nostalgique de cette existence malheureuse, Sócrates retourne là où tout a commencé … tel un homme arrivé au terme d’un long périple. Poignant !

Plus d’infos :

Signé et distribué par Optimale, Socrates est disponible en DVD et en VOD sur Queerscreen

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