Collectif intersexes et allié.e.s

Collectif Intersexes et Allié.e.s – OII France, « Stop aux mutilations intersexes »

Unique association pour et par des personnes intersexes, Collectif Intersexes et Allié.e.s est lancé en 2016, lors de la journée internationale de la visibilité intersexe. Depuis quatre ans, elle...
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Crédit photo : Estelle Prudent

Unique association pour et par des personnes intersexes, Collectif Intersexes et Allié.e.s est lancé en 2016, lors de la journée internationale de la visibilité intersexe. Depuis quatre ans, elle se mobilise pour mettre fin “à la stigmatisation et à la pathologisation mais aussi pour leurs droits humains, en particulier le droit à l’intégrité physique et sexuelle.” Aujourd’hui, grâce à leurs actions comme à celles de la communauté, les voix commencent enfin à être entendues. 

Sortir de l’ombre ! Depuis sa création, quatre ans plus tôt, le Collectif Intersexes et Allié.e.s (CIA) porte les questions de sa communauté, grâce à l’aide d’alliés associatifs symboliques. En vertu de statut d’unique association à destination des personnes intersexes, il se fait rapidement un nom à travers à la France. En mars 2017, les militant.e. s du collectif co-fondent la fédération trans et intersexe, un premier événement se met en place. Cette première étape lui permet de gagner davantage de visibilité en Europe, ce qui lui donne l’opportunité d’intégrer l’Organisation Intersexe Internationale – Europe (OII – Europe). Finalement, ce succès est consacré avec l’inauguration de la première quinzaine de visibilité intersexe. 

En 2018, le Collectif Intersexes et Allié.e.s entame sa première grande collaboration avec de nombreuses associations et institutions LGBTQI+ et friendly en France et en Europe. Face au silence des pays de l’UE, le collectif lance la campagne Stop aux mutilations intersexes. En ce sens, l’association profite de cette lisibilité supplémentaire pour lancer de nombreuses expertises et interventions sur les questions intersexes. En mai 2018, puis en Novembre 2019, elle organise des journées publiques et en non-mixité visant à Construire le mouvement et la communauté intersexes pour faire se rencontrer les membres de la communauté et sensibiliser le public. 

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Crédit photo : Guillaume Piron

Réveiller la France

Le 24 mai dernier, sous le hashtag #jesuisintersexe, des internautes témoignent respectivement des injustices et violences que la communauté subit. En l’espace de quelques jours, une centaine de tweets parcourt la toile, en France et dans le monde. A l’origine, un certain Mishouk partage l’histoire de Coralie, victime de mutilations médicales à répétitions pendant des années. Comme iel le souligne, cet acte fait écho à son expérience personnelle. “Je suis une personne intersexe et comme nombre d’entre nous, j’ai été abusé par l’institution médicale”, confiait-ille alors. Certain.e.s des membres du Collectif ont également témoigné sous ce hashtag. “Comme dans tous les cas de violences sexuelles, il est temps que la honte change de camp.”, exprime le Collectif Intersexes et Allié.e.s. 

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Un mois plus tôt, le CIA a réagi à la non-prise en charge des mutilations intersexes dans la loi bioéthique. En dépit du refus à légiférer sur ce problème, il s’est réjoui que le débat ait enfin commencé. “Nous saurons utiliser les mesures votées comme marchepied pour continuer à faire avancer nos droits.” , a exprimé l’association sur les réseaux sociaux. Face à cet éveil des mentalités, elle fait un état des lieux  sur les actions menées en faveur de leur communauté.

En quelques mots, quelle est l’identité de votre association ?

Le Collectif Intersexes Et AlliéEs (CIA)-OII France lutte pour la fin de la stigmatisation et de la pathologisation des personnes intersexes et pour leurs droits humains.

Pendant environ quatre années, vos actions ont-elles apportées des progrès ? Avez-vous apporté votre « pierre à l’édifice » ?

Oui, le travail du CIA-OII France a déjà porté de nombreux fruits, même si la route est encore longue. Très clairement les questions intersexes sont beaucoup mieux connues du public, des médias, des institutions et des décideurs politiques 

Nous avons pu rompre l’isolement et accompagner dans leur accès à leurs droits de nombreuses personnes intersexes à travers le pays.

Jugez-vous que vous portez à vous seul (votre association) la question des personnes intersexes ?

Non, et heureusement ! Nous avons de nombreux alliés qui soutiennent la cause, soit parce que cela fait partie de leurs missions, soit parce qu’elles ont été sensibilisées et ont décidé de travailler sur le sujet. 

Nous avons aussi un soutien par une association de juristes et avocats, le GISS-Alter Corpus, ou encore de certains groupes politiques. Par contre ce qui est vrai c’est que nous menons cette lutte.

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Crédit photo : Jimmy Conover

Encore aujourd’hui, il y a un réel manque de chiffres et de faits sur la question intersexe : 1,7 %, trois accusations en France. Comment expliquez-vous ce paradoxe, alors que les autres sub-cultures de la communauté LGBTQI+ ont davantage de visibilité (les personnes trans dernièrement) ?

Le mouvement intersexe est très récent, puisqu’il est né dans les années 1990 et qu’il s’est réellement développé en Europe au début des années 2010. En cause, il a fallu attendre que les premières générations arrivent à l’âge adulte et dénoncent les mutilations qu’elles ont subies durant les années 1970. 

Aujourd’hui encore il y a encore un lourd tabou, une forte stigmatisation, et des mensonges et secrets dans nos histoires personnelles qui rendent difficiles la prise de parole publique. Il faudra du temps.

Les discriminations faites aux personnes intersexes sont-elles davantage présentes sur le web qu’en société, ou est-ce pareil ?

Elles sont davantage présentes dans le milieu médical, ainsi que dans le milieu éducatif. Là sont les violences physiques et sexuelles. Sur les réseaux sociaux il existe aussi du harcèlement de masse, beaucoup de violences verbales et psychologiques.

En conséquence, d’autres pays, le Portugal, Malte et l’Uruguay, sont les seuls à s’impliquer dans la prise en charge de la cause des personnes intersexes. Pour la France, dans ce contexte, comment expliquez-vous son silence sur la question, alors que l’état représente la diversité ?

Nous avons tenté de faire passer un amendement pour l’arrêt des mutilations dans la loi de bioéthique, les institutions de défense des droits humains étaient sur cette position aussi. Ce qui a bloqué, ça a été la pression de la Ministre de la Santé [Agnès Buzyn, ndlr]. 

En France, le corps médical est encore très puissant politiquement, et ses intérêts corporatistes continuent à passer avant les droits humains des personnes intersexes.

Crédit photo : CIA-OII France

Plus d’infos :  

Retrouvez les actions de Collectif Intersexes et Allié.e.s sur leur site web et Facebook.

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