Paris is Voguing

« Paris is voguing », plongée dans la seconde ballroom scene du monde

Signée Gabrielle Culand, Paris is Voguing explore les coulisses de la seconde ballroom scene au monde. Une pépite documentaire à découvrir sur Queerscreen.  De l’ombre à la lumière. A...
Crédit photo : Gabrielle Culand

Signée Gabrielle Culand, Paris is Voguing explore les coulisses de la seconde ballroom scene au monde. Une pépite documentaire à découvrir sur Queerscreen. 

De l’ombre à la lumière. A peine Paris is Voguing commence, des artistes de la ballroom scene parcourent les rues de la capitale. “Ici, c’est Paris. Paris, c’est chic. Tu m’entends, Willy [Ninja, ndlr] ?, peut-on entendre. Suivant cette marche nocturne, la caméra dévie vers les locaux de la radio France Inter. L’animateur passe au crible l’histoire de la House of Ninja à New York et du souhait de son fondateur à introduire le voguing à Paris, “capitale de la mode, du look et de l’allure”, réalisé grâce à Lasseindra Ninja et Stéphane Mouzraoui depuis 2009. Le ton est alors donné : le Voguing made in Paris va nous être conté. Magnifique !

A lire aussi : Dans l’antre du voguing

Telle une spécialiste de cette culture, Gabrielle Culand met en abîme toutes les facettes du Voguing au rythme des cours et des compétitions. Fervent outil d’apprentissage, Paris is Voguing balaie tous les termes propres à la ballroom scene pour mieux éduquer le spectateur : Chop, Shady, judge, house, etc. A son point culminant, le documentaire constitue un véritable récit de vie sur les acteurs de la ballroom scene. Sous le regard témoin de Mother Lasseindra Ninja, on y constate l’évolution du voguing, la naissance de nouvelles maisons, l’illustration des piliers du Voguing dans les magazines. A son point culminant, “Paris brûle, a toujours brûlé et brûlera toujours.”. Inspirant !

Paris et le voguing, une longue histoire

Inspiré des poses de mannequins, le voguing naît à New York au milieu des années 1950-60, en plein quartier d’Harlem. C’est en réaction aux discriminations faites aux drag-queens, homosexuels et personnes trans afro-américaines, à la fois par les hétéros et la communauté LGBT+ “blanche”, que le mouvement contre-culturel voit le jour. Progressivement, la communauté crée ses propres codes, des houses naissent une à une : Xtravaganza, LaBeija, Aviance ou encore Ninja. Les membres de la communauté de voguing se retrouvent chaque soir pour des compétitions dans les salles souterraines de New York. La ballroom scene prend forme, c’est le point de départ vers la naissance d’une réelle identité.

Découvrez également : Le chanteur Emeric envoie de l’amour dans son nouvel album

Au début des années 1980, le Voguing connaît une véritable apogée grâce au clip de Madonna, Vogue. Plus tard, un film documentaire, Paris is Burning, met en lumière l’histoire de cette communauté, portée par une immersion dans la ballroom scene New-Yorkaise et des témoignages authentiques et percutants. En réaction à cette illustration socio-culturelle, la mode et le show-business s’emparent rapidement du voguing et en font des dérivés artistiques, comme le shablam, sans être sensibles à leurs valeurs. ”Les blancs se sont emparés d’un phénomène qu’ils ne connaissent pas.”, a exprimé Lasseindra Ninja pour Numéro Magazine. Aujourd’hui, le voguing continue à véhiculer ses messages et à faire de la résistance en France. Car, comme l’a confiée Lasseindra Ninja, “tant qu’il y aura du racisme et de la discrimination, ce mouvement perdurera …”.

Plus d’infos : 

Découvrez le film Paris is Voguing sur Queerscreen, le Netflix LGBTQI+ et militant, pour 6,99 euros/mois.

Culture
Avatar

Vous serez intéressé par :

FERMER
CLOSE