Keep Smiling fait sourire la santé en milieu festif

Keep Smiling voit le jour en 1996 à Lyon. Pendant des années, l’association va intervenir en milieu festif pour sensibiliser le public sur la santé et les accidents de...
Keep Smiling

Keep Smiling voit le jour en 1996 à Lyon. Pendant des années, l’association va intervenir en milieu festif pour sensibiliser le public sur la santé et les accidents de la vie. Cette initiative va rapidement l’amener à s’emparer des questions relatives à la communauté LGBTI+, qu’elle lie aujourd’hui à son pôle initial, dit “Tekno”.

Prenons soin de nous ! A l’initiative de passionné.e.s de la musique, Keep Smiling organise des actions dites « d’auto-support » dans le milieu festif lyonnais depuis plus de vingt ans. “Keep Smiling, c’est l’idée que la fête doit continuer à bien se passer collectivement et rester un plaisir pour chacun·e.”, confie Alexandra, membre de Keep Smiling. Dans les bars, discothèques et scènes ouvertes, les militants de l’association sensibilisent ainsi sur les sujets liés à la santé et aux accidents de la vie auprès d’un large public. “La fête est un lieu d’expression de soi et d’euphorie mais c’est aussi un lieu où s’expriment des violences avec beaucoup de discours moralisateurs et culpabilisants. Alors il fallait donner les moyens aux fêtard·e·s de continuer à s’animer avec sourire, se protéger et s’épanouir.”, explique-t-elle.

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Dans les actions de Keep Smiling, il va notamment être question des IST/MST, de la consommations des produits psychoactifs ou encore de prévention routière. “Nous développons une approche communautaire, basée sur nos connaissances (produits, pratiques de consommation, codes sociaux et culturels) mais aussi sur les compétences (formations, parcours professionnels, travail inter associatif).”, peut-on lire sur le site. En conséquence, ils vont apporter une information objective concernant la réduction des risques (Rdr) liée aux drogues auprès des fêtard.e.s mais aussi auprès du tissu associatif non spécialisé, des professionnels de la santé. “A sa création, il y avait un double mouvement de développement des soirées techno et de la Réduction des Risques en France. Deux courants décriés, polémiques, deux courants à défendre.”, explique la militante.

Un accompagnement plus poussé

Pour appuyer la légitimité de ses actions de terrain en faveur de la communauté LGBTI+, Keep Smiling s’est entouré d’associations et structures spécialisées, au fil des années. A Lyon, l’association entretient notamment des partenariats avec Frisse, Cabiria, Ruptures, AIDES et Avenir Santé et Pause Diabolo pour la partie prévention santé et communautaire. Dans le reste de la région, elle collabore avec les organisateur.rices d’évènements, les services de protection civile, des collectifs militants, etc.  “Le but est d’investir des lieux, où jusqu’ alors la prévention et la réduction des risques étaient peu présentes voire carrément absentes et de s’inscrire en complémentarité des autres dispositifs.”, précise la section LGBTI+. 

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En parallèle, elle met en place divers outils (kits, flyers, bouchons d’oreille, etc.) au cours de ses permanences en interne, ou dans des lieux et événements dédiés comme la marche des fiertés. “C’est une action qui a toujours été très politique et militante pour KS. Elle est un important temps de rassemblement et de mobilisation au sein de l’association.”, souligne Alexandra. “KS a toujours souhaité porter un message fort, parfois en décalage avec les mots d’ordres généraux. C’est un moyen pour nous d’allier la RdR, avec la défense des droits LGBT+ en dehors de la scène festive.”, ajoute-t-elle. De cette manière, les intervenant.e.s vont mettre en place une stratégie d’individualisation des discussions avec le public pour créer un réel échange. Cette méthode a rencontré un important succès … jusqu’à aujourd’hui. Alexandra fait un état des lieux sur l’année de Keep Smiling. 

Keep Smiling

Dans le contexte de la Covid-19, avez-vous pu rester mobilisés pour la communauté LGBTI+ ? 

Effectivement. Nous avons adapté les conditions d’accès au local pour nos permanences et ateliers hebdomadaires du vendredi pour celleux qui auraient besoin de matériel de Rdr. 

De même, nous avons ouvert des ateliers de discussion, autour des sexualités et du féminisme (consentement, pornographie, etc. A côté de cela, nous avons continué notre travail avec le tissu associatif LGBT+ lyonnais et étions présent·e·s au rassemblement des fiertés. 

Avez-vous pu mener toutes vos actions à bien, selon votre cahier des charges annuel ? 

Côté interventions en espaces festifs, notre action a été fortement impactée par les mesures mises en place face à la crise sanitaire. Avec l’arrêt d’activité des espaces festifs actuels, difficile pour nous d’y mener une action de réduction des risques ! 

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Nous avons adapté le fonctionnement de l’association, en participant aux maraudes de #PourEux (collectif citoyen d’aide aux sans-abris et mals-logé·e·s) avec des repas et du matériel de réduction des risques. 

Envisagez-vous d’autres projets pour l’année prochaine, en particulier dans la section LGBTI+ ?

On a plusieurs projets mais aussi beaucoup d’incertitudes… KS se place actuellement en soutien des initiatives militantes pour la défense des droits LGBTI+. On réfléchit collectivement avec le tissu associatif lyonnais et on soutiendra les actions qui se monteront. 

Plusieurs de nos bénévoles travaillent sur la mise en place d’espaces safe LGBTI+ mixtes et la rédaction de flyers sur le consentement.  Le but :  ouvrir la parole et lutter contre le harcèlement des femmes et de la communauté LGBTI+ en espaces festifs. 

La question du consentement en espace festif et sous l’effet de produits psychoactifs quant à elle ne concernera pas que les communautés LGBTI+, mais elles en seront évidemment destinatrices aussi ! Nous avons pu avancer en interne, notamment sur la rédaction des contenus de flyers autour de ces questions.

Plus d’infos :

Retrouvez Keep Smiling sur son site web et Facebook.

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