Fiertés LGBTQI+ : doit-on s’inquiéter du croisement des luttes ?

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À l’image de #Metoo ou encore de #blacklivesmatter, les revendications au sein des fiertés LGBTQI+ parisiennes tendent à s’américaniser, ces dernières années. Ce croisement des dominations peut-il amener à une division intracommunautaire ?

Au coeur de Paris, les jeunes activistes s’apprêtent à mêler les étiquettes entre elles dans la célébration des fiertés LGBTQI+, le 20 juin prochain. « On en est à interdire d’accompagner des parents pour des sorties scolaires, ce sont des humiliations. », fustigent-ils notamment, dans un article de 20 minutes. Dans la mise en avant des sujets liés à la couleur de peau, au genre (ainsi que son expression), ils parlent entre autres « de racisme systémique » et « d’islamophobie d’État ».

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En conséquence, les signataires d’un communiqué d’opposition, Diivines LGBTQI+, Act-Up Paris, Acceptess-T, BAAM et Solidaires, appellent à se mobiliser différemment. « C’est l’occasion pour nous de rendre hommage à la force, au courage et à la persévérance de populations qui font partie des plus marginalisées. », relate le texte numérique. Et ce, en précisant la réelle volonté de « construire ensemble une société plus inclusive, en solidarité avec les plus fragiles ».

Dénoncer le cistème militant

Au sein même de la communauté, ces militant.e.s new wave en viennent à dénoncer la primauté de certaines structures. Selon les associations, « [Les responsables] de l’Inter-LGBT est quasiment entièrement blanche ». En exemple, elles citent notamment un épisode où l’organisation parisienne a refusé de mettre une musique zouk, parce que « pas assez rythmée ». Sans parler de sa position imprécise sur la situation des migrant.e.s de son absence de mots… « On s’élève contre toute forme d’homonationalisme, car ce n’est pas possible de se plaindre d’un côté d’exclusion et de le reproduire de l’autre côté. », explique Éric de Queer Éducation.

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En second lieu, les signataires du communiqué ont pointé du doigt le pinkwashing qui s’exerce dans les relations liant l’institution activiste et le milieu capitaliste. Coca-Cola, Air France, Orange et Mastercard, pour n’en citer que quelques-uns. « [Ces] grands groupes [ne sont] pas compatibles avec la lutte LGBT et antiraciste. », martèle Pierrette Pylam, membre de Divines LGBTQI+. « Air France illustre les causes LGBT+ dans ses campagnes de pub et est présente aux marches, mais derrière s’en tamponne de savoir qui elle expulse. », ajoute Héloïse, présidente du BAAM Paris.

Police et politique dans le même sac

Dans la même frénésie d’opposition, les associations ont pointé du doigt la présence de FLAG!, dans laquelle des policiers.ières et des gendarme.tte.s y figurent. « Je ne suis pas unie avec [cette profession], [elle] n’est pas l’alliée objective des migrants. », juge la présidente de BAAM Paris. 

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Enfin, les structures signataires voient dans la loi bioéthique, qui comprend la PMA pour toutes, une réforme « raciste, validiste et transphobe ». Ils avancent la politique anti-mélange des ethnicités du CECOS, qui amène à un délai d’attente plus ou moins long, que l’on soit blanc ou noir, soit une parfaite discrimination selon e.ux.lles. Dans toute cette histoire, cette opposition acharnée, bien que légitime, est-elle le signe d’un déchirement sans précédent au sein de la communauté LGBTQI+ ? Affaire à suivre. 

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