Sexe à HEC : un étudiant se livre

Je ne pensais pas publier ce livre, de peur des représailles. J’ai un projet de film. C’est la débrouille. Mais c’est clair que je ne me vois pas devenir banquier ! L’écriture, ça transforme. Définitivement.

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À 21 ans, Nathan Comons, en dernière année à HEC, publie son premier roman : Le Camp (1). Une satire du capitalisme moderne, mais surtout une ode à l’érotisme gay.

Qweek : Vous êtes dans la meilleure école de commerce de France, pourquoi un livre ?

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Nathan Comons : Jamais, je n’aurais eu l’idée d’en faire un, si je n’avais pas ressenti un vide terrible en arrivant dans cette école. J’étais mal à l’aise, dans un univers formaté. L’impression d’un enfermement. Le comble, c’est que je l’avais choisie, cette prison. Il me fallait dire la violence que je ressentais, mais aussi les moyens que j’avais trouvés pour sortir de l’eau.

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QW : Justement, en quoi le sexe a-t-il été une bouée de sauvetage ?

NC : Sans le cul, je serais parti. Le rapport charnel, c’est ce qui nous fait aller vers l’autre. L’érotisme est mis au second plan en littérature. Pourtant, sans le sexe, la frustration monte et plus rien n’a de saveur. Il faut célébrer la passion. Et quand on voit le massacre d’Orlando, on se dit qu’il y a encore des esprits à décadenasser.

QW : Peux-tu nous décrire un des moments les plus chauds du livre ?

NC : Sans trop spoiler, je pense au moment où le personnage principal se retrouve dans le grand amphi de l’école, en pleine nuit, avec un jeune hétéro qu’il vient de rencontrer. Ils se déshabillent, grimpent sur l’estrade et font l’amour une première fois. Puis, ils sont surpris par un troisième garçon qui va habilement les rejoindre sur scène, pour une orgie finale volubile. Et, croyez-moi ou pas, mais ce passage n’est pas romancé…

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QW : Dans Le Camp, vous décrivez des scènes d’orgies sadiennes d’une intensité extrême. Pourquoi ce registre ?

NC : J’ai été marqué par Sade, Nietzsche, mais aussi par le cinéma de Polanski. Les thèmes noirs me bouleversent, ils saisissent ce que l’homme a de plus enfoui en lui. Comme dans ce lm, Le Locataire, dont le personnage ressemble à mon héros, entre révolte et folie.

QW : Des projets après HEC ?

NC : Je ne pensais pas publier ce livre, de peur des représailles. J’ai un projet de film. C’est la débrouille. Mais c’est clair que je ne me vois pas devenir banquier ! L’écriture, ça transforme. Définitivement.

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