Le colocataire, film du mois de Qweek

Distribué par Optimale, Le Colocataire (Un rubio) suit la relation amoureuse entre deux hommes, Juan et Gabos. Tout au long, le film met au défi la romance au système hétéronormé sans que nous...

Distribué par Optimale, Le Colocataire (Un rubio) suit la relation amoureuse entre deux hommes, Juan et Gabos. Tout au long, le film met au défi la romance au système hétéronormé sans que nous ne sachions que elle va ressortir victorieuse. Signé Marco Berger, le film sort en salles le 1er juillet. 

Une cohabitation déguisée en amour. Dès son ouverture, Le Colocataire introduit un jeune homme, Juan, installé sur une terrasse. Il semble rechercher quelque chose ou quelqu’un à travers les trains de passage. Succédant à la venue d’un ami à l’extérieur de l’appartement, le sujet de la conversation donne sensiblement le ton au sujet du film, « Pourquoi tu as vidé la chambre ? » « C’est pour un gars du boulot, il va louer », avant de dévier (temporairement) sur un sujet un peu plus familial et hétéronormé. Mais, c’est la venue d’un second ami qui vient consacrer le nœud de l’intrigue : Le colocataire s’appelle Gabos, un jeune homme blond. Le titre du film prend alors tout son sens et annonce les prémices à une relation d’un tout autre genre. 

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Dès le premier tiers de son film, le réalisateur plante le décor d’une romance timide mais persistante entre les deux héros, parfait clin d’oeil aux personnages de la série Looking. D’une saveur exquise, elle joue divinement sur les regards, les confidences sur les anciens amours, les rapprochements et même des invitations à l’amour. Peu à peu, les fantasmes s’installent, la garde est baissée davantage. Tout le travail porte ses fruits lorsqu’un jour, Juan admire la presque nudité de son colocataire Gabos. D’un toucher sur l’objet du désir à un premier baiser langoureux, le fantasme laisse enfin place à la romance. C’est la consécration. 

La romance gay à l’épreuve de la société 

Suivant ce premier rapport sexuel gay, Marco Berger réinstaure les coulisses d’une simple colocation amicale entre Gabos et Juan. Les conversations simples reprennent leur place, les trajets et sorties en extérieur se réitèrent. Pourtant, l’idylle amoureuse revient doucement comme si c’était la première fois. Elle est d’abord combattue, mais reprend rapidement ses droits et en bien plus intense encore. Une seconde fois, puis une troisième. Loin du monde extérieur, loin des gens, les deux hommes vivent leur idylle dans leur petit refuge intérieur et très intimiste … jusqu’à ce que la dure réalité leur revienne en pleine face. Sacrilège ! 

Par bribes de scènes d’abord éparses, puis plus présentes, le réalisateur confronte la romance gay aux enjeux sociétaux, à commencer par la famille et les proches amis. Dans les conversations amicales, la différence est vite pointée du doigt, les préjugés sur les couples gays sont virulents. Point culminant d’un système de valeurs hétéronormées, les allées et venues d’une jeune femme, Ornella, dans l’appartement accentuent les complications dans la passion entre les deux hommes. A terme, l’annonce par Juan de sa relation impossible avec Gabos donne le ton à une conclusion sans réponse immédiate. Cruelle déception ! 

Plus d’infos : 

Découvrez la poignante histoire amoureuse gay dans le nouveau film de Marco Berger lors de sa sortie en salles, le 1er juillet

CultureFilm

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