Grossophobie : un livre d’une vie et d’un combat

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Dans un livre poignant, l’auteur Christophe Le Vaillant détaille sa lutte quotidienne contre la grossophobie. Autour de dialogues forts, l’écrivain infuse des bribes de son quotidien pour faire des discriminations le sujet à prendre en compte. 

grossophobie

Pour la reconnaissance ! A peine l’auteur Christophe Le Vaillant n’amorce-t-il son histoire que le sujet de la grossophobie est intégré sans aucun détournement. “J’aurais dû me méfier : lors du confinement, la bien-pensance nous culpabilisait avec constance – « attention à votre poids, mangez léger et faites du sport chez vous » – sur les kilos qu’il nous était interdit de prendre !”, confie-t-il à juste titre dans son préambule, sans pour autant faire “une apologie de la grosseur”. Outre les commentaires haineux dans ce qui est le produit premier de son œuvre, à savoir une vidéo, ce sont les paroles de soutien qui l’ont poussé sur le terrain de l’écriture. En cela réside toute l’essence d’une histoire, faite de constats et d’épisodes de vie personnelle, pour que “la honte [puisse] changer de camp”

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Chapitre après chapitre, l’auteur aborde la grossophobie sans omettre aucun sujet, à commencer par une définition du terme gros. “Gros, qui est plus large et plus gras que la moyenne, corpulent.”, précise-t-il, reprenant mot pour mot la définition du dictionnaire Larousse. Partant de cette base, il y est question des clichés, du regard de l’autre, de la pandémie, de la vie au travail et du jour d’après. Dans sa finalité, c’est une complète embrassade avec son état physique, qu’il ne considère en rien comme un tabou. “Si un jour, par provocation ou par plaisir, je reprenais les kilos perdus, c’est le regard des autres qui changerait à nouveau. En ce qui me concerne, je m’aimerai toujours autant. Je devrai refaire les soldes pour retrouver des grandes tailles. Point. Final.”, exprime-t-il. Une conclusion implacable, donc !

Une voix à porter

Depuis ces derniers mois, la parole des gros tend à gagner de plus en plus le terrain médiatique. A commencer par Paint, média vidéo communautaire, ces personnes ont ainsi cette possibilité de témoigner à coeur ouvert et visage découvert des discriminations auxquelles elles font face. A la télévision, Pierre-Yves Surenne a partagé sa difficile histoire avec les applis de rencontre gays pour l’émission Projet Renaissance de Karine Le Marchand. Dans la presse, le magazine Télérama a mis à l’honneur la DJ Leslie Barbara Butch. Enfin, l’association Les Ours de Paris encense la beauté des gros dans une exposition virtuelle. Toutefois, sur le terrain politique, le combat ne suit pas puisque la plateforme anti-discriminations ne prend pas en compte les discriminations à caractère grossophobe. 

Plus d’infos :

Procurez vous l’ouvrage de Christophe Le Vaillant, La grossophobie existe, je l’ai rencontrée sans le savoir, dans les commerces de proximité et sur les boutiques en ligne.

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