Chemsex : une étude veut en dire long sur le sujet

Une étude, Sea, Sex & Chems, s’intéresse à la pratique du chemsex en France. Son but : chiffrer et constater le phénomène au sein de la communauté LGBTQI+. Dorian...

Une étude, Sea, Sex & Chems, s’intéresse à la pratique du chemsex en France. Son but : chiffrer et constater le phénomène au sein de la communauté LGBTQI+. Dorian Cessa, chargé du projet, nous en parle longuement. 

Vous lancez donc une vaste étude sur cette question. Êtes-vous confiants sur sa réussite ?

On ne peut jamais l’être totalement dans ce type de travail (le chemsex, NDLR). Cependant, avec le soutien du collectif queer et festif Plusbellelanuit, on a tenté de construire l’étude du mieux que l’on pouvait et qu’on avait quelques atouts. 

Chemsex

Le recrutement se passe bien pour l’instant, on est très contents de ces premiers résultats, mais pour affiner encore plus la recherche et améliorer sa « significativité scientifique », nous avons besoin de bien plus de personnes. 

Alors que l’étude en devenir n’est encore qu’à l’état de questionnaire, d’enquête, vous partez déjà sur un postulat de base, à savoir que le chemsex ne concerne pas simplement les gays. En quoi en êtes-vous certains ?

Je ne pense pas que l’on puisse dire que le Chemsex touche toute la, ou plutôt, toutes les communautés LGBTQIA+. Nous faisons une étude, c’est bien que nous ne sommes sûrs de rien et que nous cherchons à trouver des réponses concrètes et valables. À titre personnel, je dirais que c’est un phénomène qui se diffuse, pas forcément sous le nom de Chemsex, mais dont les modalités, c’est-à-dire la consommation de drogues dans un but sexuel se développe.

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L’objet de cette étude est de faire la part des choses et de regarder ce qu’il se passe en population réelle. Nous serons tout à fait en mesure d’affirmer si certaines de nos hypothèses ne sont pas concluantes. Ce qui nous intéresse c’est le soin, c’est-à-dire de pouvoir trouver des éléments concrets qui pourront aider les gens. Il n’y a pas d’autres enjeux de notre côté. 

Sur des résultats très préliminaires de ces deux premiers mois de recrutement, et sur un faible échantillon, nous avons des éléments qui pourraient nous laisser penser (donc non validés et vérifiés) qu’il y aurait éventuellement un phénomène dans une partie du milieu lesbien. Une chose qui, médicalement en tout cas, me semble assez peu connue. 

Avec cette étude, vous parlez de sensibiliser des spécialistes et des militants. De quelle manière allez-vous le faire : réalisation d’un kit, interventions, formations, autre ?

Les associations LGBTQIA+ sont déjà bien averties, car elles voient des personnes arriver avec des problématiques autour du Chemsex. Après bien évidemment, nous espérons pouvoir affiner certaines visions ou apporter des éléments de compréhension nouveaux mais surtout scientifiquement prouvés si on peut le dire ainsi. 

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Du côté médical, c’est un peu plus variable. Il y a des équipes qui sont très bien formées et qui en savent déjà beaucoup, il ne faut pas les oublier et certains sites permettent de les trouver si besoin. C’est effectivement plus compliqué avec d’autres pour plein de raisons, parfois de la simple méconnaissance, aussi des fois de l’homophobie.

Nous avons l’espoir de remettre ces informations entre les mains d’un maximum de personnes notamment à travers une synthèse ou un kit, qui soit plus accessible qu’une étude. On a beaucoup travaillé en réseau avec des associations, de centres de soins et les milieux militants pour diffuser le questionnaire, et on fera de même pour la diffuser. On a aussi prévu de continuer à la faire vivre sur notre site internet, www.seasexandchems.fr, sur lequel on trouve notre questionnaire en ce moment, avec également avec des supports vidéo par exemple. 

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