Paris

Le Tango peut-il vraiment perdre son essence originelle ?

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Depuis début 2021, la situation du Tango n’est pas toute rose. Après qu’Alexis Carcassonne ait annoncé la cession de l’immeuble abritant l’établissement, les acheteurs y vont de leurs sommes et de leurs intentions, pas toujours très nobles… 

Tout semblait bien se dérouler, mais… Cette semaine, le Groupe SOS a intégré la longue liste des possibles acquéreurs du Tango. « Nous sommes un acteur historique des sujets LGBTQIA+ et gérons le Checkpoint Paris, centre de santé sexuelle communautaire et Arcat, association de lutte contre le VIH et les discriminations {identitaires]. Nous sommes aussi l’actionnaire du Têtu. », a-t-il justifié au journal Le Parisien. Pour le moment, l’entreprise n’a pas révélé le montant qu’elle souhaite donner pour acheter les murs, mais on suppose qu’il devrait être bien supérieur à celui de la Ville de Paris, estimé à six millions d’euros. 

Paris monte au créneau

Jusqu’à présent, la mairie de Paris figurait dans en tête dans les “candidats” pour reprendre la discothèque. À l’époque, cette instance du pouvoir a affirmé son souhait clair de préserver l’identité de ce club, situé dans le Marais. « Le Tango est un établissement patrimonial et nous allons tout faire pour le sauver. », avait annoncé à TÊTU Frédéric Hocquard, adjoint chargé du tourisme et de la vie nocturne, début janvier 2021. 

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Quelques mois plus tard, les élu.e.s entendent faire tout leur possible pour acquérir ce haut lieu de la nuit gay. « Nous espérons convaincre le propriétaire (Alexis Carcassonne, NDLR) du projet que nous portons. Je pense qu’il est le meilleur, nous venons en plus avec une belle offre. », a déclaré Ariel Weil, maire PS de Paris Centre. Pour le moment, le responsable de l’immeuble ne s’est pas encore prononcé.

L’équipe s’inquiète

En réaction à la nouvelle, l’équipe du Tango a exprimé sa méfiance, à commencer par un des animateurs phares, Hervé Latapie. « Le Groupe SOS, on sait comment ils fonctionnent… Il suffit de voir ce qu’ils font avec la Clef (Ve arr.), ce cinéma d’art et d’essai risque de perdre son âme à cause d’eux. Ils sont surtout intéressés par l’immeuble. », a-t-il martelé, propos qu’a relayés Le Parisien. En conséquence, l’activiste a déploré le fait qu’il n’ait pas été inclus dans la boucle décisionnelle. 

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Pour ces raisons, l’ancienne tenancière des lieux (Madame Hervé Latapie) a mis en place le collectif Le Tango 3.0. « Il vous [demande] aujourd’hui de soutenir son projet, pour être prêts à reprendre l’exploitation du lieu, cette fois en ayant une pleine gestion de la salle, et la possibilité de l’ouvrir à plus d’animations festives, culturelles et solidaires. », peut-on lire dans un récent communiqué. À ce titre, le militant parisien souhaite solliciter le soutien des parisien.ne.s LGBTQIA+ pour ce dispositif de grande envergure, de même qu’un relais massif sur les réseaux sociaux. Alors, aidons-les !

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